Plans sociaux : la rentrée de tous les dangers

Posté par le août 27, 2012

la rentrée de tous les dangers

Et maintenant, Carrefour. Le distributeur présentera mercredi le premier d’une série de plans de départs volontaires. Pas plus de 600, pour débuter. À peine suspendu durant la trêve estivale, le bal des restructurations reprend, avec toujours plus de participants. Certains n’ont jamais quitté la piste, comme PSA ou Air France, qui ont engagé en juillet une négociation sur des baisses d’effectifs massives. D’autres se pressent en coulisses, de SFR à Sanofi.

Août a certes été épargné par sa crise financière rituelle, mais les carnets de commandes des entreprises continuent à fondre. L’automobile, le bâtiment et l’agroalimentaire sont mal en point. «Dans certaines entreprises, les DRH aimeraient prendre plus de temps pour sensibiliser leurs troupes avant d’annoncer un plan social, mais les directions générales sont pressées», témoigne Bernard Vivier, directeur de l’Institut supérieur du travail.

PSA n’a ainsi pas craint d’essuyer les plâtres face au nouveau gouvernement au lendemain de la présidentielle. La réponse de François Hollande a été claire: «L’État ne laissera pas faire», a-t-il martelé le 14 juillet, en contre-pied du célèbre «l’État ne peut pas tout» énoncé par Lionel Jospin en 1999 lors des rationalisations chez Michelin.

Cette posture va-t-en-guerre du chef de l’État avait certes été celle de Nicolas Sarkozy à Gandrange. Mais le volontarisme version 2012 s’est accompagné d’une violente stigmatisation de PSA et de son PDG. Quand Air France, dont l’État détient 15 %, ne suscitait aucune réaction avec son plan de 5 122 départs, le constructeur a été accusé de «dissimulation» par Arnaud Montebourg, ministre du Redressement productif, et de «mensonges» par le président.

Un climat délétère peu propice au dialogue s’est alors installé. Avec de tels soutiens, les syndicats locaux se sentent en position de force. À ­Aulnay (PSA), Florange (ArcelorMittal) ou sur les sites mis en vente par le géant minier Rio Tinto, des experts craignent l’explosion. Dans ce contexte, les directions préfèrent, si possible, fractionner leurs plans de départs, comme chez ­Carrefour ou dans certaines banques, pour éviter d’afficher des réductions trop massives. Une façon d’atténuer les réactions politiques, syndicales et médiatiques.

«La France désavantagée»

Les déclarations de la nouvelle équipe au pouvoir ont semé une telle inquiétude chez les dirigeants que certains n’ont pas craint d’y répondre. Alors qu’Arnaud Montebourg planche sur un dispositif juridique interdisant aux groupes de fermer des usines viables, Paul Polman, le PDG d’Unilever, confronté à un bras de fer autour de son ancienne usine Fralib, est sorti de la réserve à laquelle s’astreignent, en public, les grands patrons. «Pour qu’u…

Auteur : Isabelle Chaperon

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