Catégories
Actualités RH Gestion des transformations RH

Equicoaching : comment le cheval peut révéler le manager

Dans un monde professionnel de plus en plus complexe, marqué par l’essor de l’intelligence artificielle et une quête de sens accrue, le management traditionnel est en pleine mutation. Dans ce cadre, il est alors intéressant de tester une approche aussi originale qu’inspirante : l’équicoaching.

Webinaire Équicoaching

Le contenu de cet article se base sur notre dernier webinaire, animé par Kirsten Mante, équicoach passionnée par le développement des compétences managériales, et Régis Humbert, DRH du Groupe La Tour, venu partager son retour d’expérience concret après avoir mis en œuvre cette pratique auprès de ses équipes de direction.

Redécouvrez comment cette interaction unique entre l’homme et le cheval permet de transformer durablement la posture des leaders. Pour cela, vous pouvez soit revoir le webinaire ci-après, ou lire l’article ci-dessous :

Replay Webinar : l'équicoaching au service du management

Qu’est-ce que l’équicoaching ? Dépasser les idées reçues

Contrairement aux préjugés, l’équicoaching n’est ni de l’équitation, ni une simple activité de bien-être, ni une thérapie. Il s’agit cependant d’une activité professionnelle structurée et encadrée, mettant en interaction une personne avec un cheval dans un but précis de développement professionnel.

L’un des points fondamentaux à comprendre est qu’il n’est pas nécessaire de savoir monter à cheval, ni même d’avoir une affinité particulière avec l’animal. Le cheval n’est pas un outil, mais un partenaire qui rend visible l’invisible. Il agit comme un miroir, faisant ressortir les dynamiques comportementales et les émotions que le manager ne perçoit pas toujours lui-même.

le cheval, Un capteur sensoriel d’une finesse extrême

Pourquoi choisir le cheval plutôt qu’un autre animal ? La raison est biologique et évolutive. Le cheval est un animal de proie et un animal social. Sa survie a toujours dépendu de sa capacité à percevoir les micro-signaux de son environnement. Par exemple, un cheval est capable de ressentir une variation de pression sanguine chez un individu à 30 mètres de distance.

Nous partageons avec le cheval la même base biologique et le même système nerveux autonome. Là où l’humain a parfois perdu sa capacité à lire les signaux non-verbaux subtils au profit du langage formel, le cheval, lui, décode instantanément l’état émotionnel de son interlocuteur. Pour un manager, c’est donc un allié précieux pour réapprendre à lire son environnement au-delà des mots.

le cheval Un capteur sensoriel d'une finesse extrême

neurosciences : Comprendre nos états internes avec l’équicoaching

L’équicoaching s’appuie sur les avancées des neurosciences, notamment sur le fonctionnement du système nerveux autonome, que l’on peut diviser en trois états principaux :

  1. Le système Vert : L’état de sécurité et de connexion sociale. C’est ici que la collaboration et l’échange authentique sont possibles.
  2. Le système Orange : L’état de stress ou de détection d’un danger. Le corps se prépare à l’attaque ou à la fuite. Les muscles de l’oreille interne changent, modifiant même notre perception auditive de ce que l’autre raconte.
  3. Le système Rouge : L’état de « freeze » ou de court-circuit. Face à une menace perçue contre laquelle on ne peut lutter, le système se bloque. On peut alors paraître « paresseux » ou désengagé, alors que l’on est simplement en mode protection maximale.

L’équicoaching permet de pratiquer la neuroception, (la capacité inconsciente du corps à détecter les signaux de danger ou de sécurité) et d’apprendre à switcher entre ces états pour retrouver la sécurité.

Un manager capable de s’autoréguler peut alors co-réguler son équipe : son état de calme et de sécurité se transmettra naturellement, indépendamment des mots utilisés.

L’ambition de l’entreprise et la préparation en amont

Pour le Groupe La Tour, l’initiative est née d’une volonté de marquer les esprits et de travailler la posture managériale de manière forte. Régis Humbert souligne un point crucial : l’équicoaching n’est pas un séminaire ludique « pour faire les foufous avec un cheval », mais un véritable outil de travail sur la posture et la gestion émotionnelle.

Le succès de la démarche repose sur une préparation rigoureuse :

  • Définir des objectifs clairs : Que veut-on travailler ? La cohésion ? La communication en situation de crise ?
  • Utiliser des tests de personnalité : Le Groupe La Tour a utilisé le profil DISC (Rouge, Jaune, Vert, Bleu) pour établir un constat de départ. L’objectif était ensuite d’éprouver ces profils face au cheval pour voir comment ils se traduisent concrètement dans l’action.
L'ambition de l'entreprise et la préparation en amont

Le déroulement d’une séance : L’expérience du corps et de l’intention

Kirsten utilise la méthode EponaQuest, développée par Linda Kohanov, qui privilégie la connexion au corps et à l’intention. Une séance type se déroule en plusieurs étapes :

  1. Le Body Scan : Se connecter à ses propres émotions et ressentis corporels.
  2. Définition du sujet : Choisir un défi managérial spécifique à travailler.
  3. L’exercice avec le cheval : Par exemple, faire tourner le cheval autour de soi en liberté.
  4. Le transfert : Analyser comment l’expérience vécue avec le cheval se traduit dans le quotidien managérial.

Un exemple frappant est celui du manager « autoritaire » qui, pour faire avancer le cheval, doit apprendre à moduler son énergie :

  • s’il pousse trop fort, il coupe la relation ;
  • s’il ne pousse pas assez, il n’obtient aucun mouvement.

C’est cet ajustement de l’énergie et du cadre qui crée l’apprentissage.

Le rôle essentiel de l’équicoach

L’équicoach n’est pas un simple moniteur. Son rôle est complexe car il doit gérer trois entités vivantes simultanément : le coaché (sa sécurité émotionnelle et physique), le groupe (les projections et la dynamique collective) et le cheval (son bien-être et sa disponibilité).

Il est essentiel de s’adresser à des professionnels certifiés. Kirsten mentionne l’importance du SynPAAC (Syndicat des Professionnels de l’Accompagnement Assisté par le Cheval), qui garantit une déontologie claire et une éthique rigoureuse, tant pour les participants que pour l’animal.

Retours d’expérience : Un révélateur authentique et sans filtre

Régis Humbert qualifie l’équicoaching de « révélateur ultime ». Contrairement à un test écrit ou à une mise en situation filmée où l’on peut « tricher » ou faire des pirouettes oratoires, le cheval ne ment pas. Son feedback est direct, authentique et immédiat.

L’expérience a permis de mettre en lumière des paradoxes saisissants : une personne identifiée comme « très rouge » (dominante) dans les tests s’est révélée « très verte » (empathique) dans son interaction avec le cheval, ouvrant ainsi de nouvelles clés de communication pour le reste de l’équipe.

Pour le salarié, l’équicoaching crée un « souvenir ressource ». C’est une expérience marquante que le cerveau peut « rejouer » en situation de difficulté réelle pour retrouver la posture adéquate.

Equicoach

Les clés d’une séance réussie

Pour que l’expérience soit fructueuse, trois piliers sont nécessaires :

  1. La préparation : Échanger sur les situations interpersonnelles problématiques en amont pour que l’équicoach puisse adapter les exercices.
  2. Le cadre : Fixer des règles de bienveillance absolue. L’exposition devant le groupe peut être intimidante ; il ne faut jamais stigmatiser celui qui « n’y arrive pas ».
  3. L’ancrage : Sacraliser le moment et réaliser une évaluation à chaud pour traduire les prises de conscience en plans d’actions concrets.

Et après ? L’ancrage et le suivi dans la durée

Une séance d’équicoaching n’est pas une « baguette magique » en une fois. Pour Kirsten, le véritable changement s’opère dans l’intégration au quotidien. Elle préconise un accompagnement sur la durée (souvent 6 mois), incluant du coaching individuel ou de l’observation en réunion de travail pour vérifier comment les enseignements du cheval sont appliqués concrètement face aux équipes.

Dans le cas du Groupe La Tour, les bénéfices ont été rapides : amélioration de la cohésion, communication plus fluide avec la direction générale et assouplissement de la posture chez certains managers très techniques.

Conclusion : Développer l’humain à l’heure de l’IA

En conclusion, si le cheval ne remplace pas les outils de gestion classiques, il est un vecteur extraordinaire pour développer les soft skills indispensables au manager de demain. Comme le souligne Kirsten, à l’heure où l’IA surpasse l’homme dans la pensée rationnelle, ce qui nous différenciera sera notre capacité de connexion, notre intelligence émotionnelle et notre présence.

L’équicoaching offre ce point d’ancrage unique : un retour à l’authenticité et à l’humain, par le détour de l’animal.

Vous souhaitez transformer la posture de vos managers ou renforcer la cohésion de vos équipes ? PROEVOLUTION vous accompagne dans la mise en œuvre de solutions de coaching innovantes et performantes. Contactez-nous pour en savoir plus.

Par Xavier-Noel CULLMANN

Xavier-Noël est responsable de l'animation du site Internet et des réseaux de PROEVOLUTION mais aussi missionné sur ces fonctions pour certains de leurs clients.

Il a rejoint PROEVOLUTION en 2019 et, en plus de ses missions marketing, s'occupe de la veille digitale et l'implémentation d'outil.
Il gère la marque digitale du groupe KonexUp.
Plus récemment il intervient beaucoup dans l'usage de l'IA dans le monde des RH pour aider les entreprises à trouver l'usage juste de ces outils pour garder l'humain au cœur des processus.