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Les priorités des recruteurs en 2021

On vous a présenté il y a quelques mois les chiffres du recrutement de cadres 2020. A présent, l’année 2021 étant bien entamée, nous vous proposons plusieurs données prévisionnelles pour cette année. Effectivement, ces dernières impactent les priorités des recruteurs à prendre en compte dans leurs quotidien et futur proche.

Cet article reprend des chiffres d’un baromètre réalisé par le Figaro avec l’IFOP. Ce dernier a été présenté lors d’un webinar très intéressant qu’ils ont organisé le 16 avril 2021. Tous les chiffres et graphiques présentés ici sont repris de cette conférence.

Dernières données sur le marché du travail

Déjà plus d’un an après le premier confinement, nous commençons à avoir du recul sur les impacts de la crise.

Tout d’abord, on s’intéresse au taux de chômage.

Le taux de chômage en 2020

Paradoxalement à l’activité économique, la crise n’a pas impacté ce taux global. Il est même légèrement en recul avec -0,1% !

Attention cependant, le statut d’activité partielle n’entre pas dans la catégorie chômage. C’est pour cela que le taux de chômage a été assez bas durant le premier confinement. A l’inverse, il est reparti brutalement à la hausse dès le déconfinement.

Les recrutements de cadres sont les plus impactés par la crise avec -40% d’offres.

Chômage selon tranche d’âge

Pour revenir sur le débat de la génération sacrifiée, les chiffres en font une évidence. Plus d’un actif sur 5 de 15 à 24 ans est au chômage. C’est le moment pour les entreprises d’être solidaires avec ces jeunes !

A l’opposé, les seniors de + de 50 ans semblent peu concernés. Les équipes de PROEVOLUTION alertent cependant sur le risque de chômage pour les seniors, dont la durée est souvent plus longue. Effectivement, dans un contexte de digitalisation et de souhait des entreprises d’investir dans le long terme, un raccourci fait souvent penser qu’ils sont moins adaptés que des plus jeunes. Pourtant, miser sur l’intergénérationnel est toujours source de diversité et d’innovation dans l’entreprise !

Prévisions 2021 sur la croissance

Enfin des prévisions positives ! Plusieurs grandes institutions s’avancent effectivement sur une croissance du PIB entre 5 et 6 points. Bien sûr, ce regain de confiance aura des impacts indirects sur l’emploi. A contrario, il est important de redonner son sens au mot « prévisions », celles de l’année dernière ne s’étant pas toutes confirmées ! De plus, il reste encore des restrictions fortes qui ont un impact sur l’économie et la confiance.

Rebond de la croissance en 2021

Un retour à la normale, du moins aux chiffres d’avant-crise, se profilerait alors pour 2022.

Rebond des créations d’emploi à venir

Sans surprise, 2020 a été la première année qui a détruit de l’emploi, après une série de croissance de 7 ans. Cependant pour relativiser, la chute a été moins forte que certaines prévisions ajustées de cette même année. En effet, il y a eu 283 900 destructions d’emplois, contre certaines prévisions qui montaient jusqu’à 600 000. Autre analyse de ce comparatif, on constate moins d’emplois détruits en 2020 que créés en 2019 (286 300).

Creation et destructions d'emploi selon les années

Si on regarde dans le détail trimestriel, on souligne que le troisième trimestre (entre les 2 premiers confinements) a sauvé la mise.

Le premier trimestre 2021, comme le dernier 2020, avance déjà des chiffres négatifs en matière de création d’emploi. En d’autres termes, les restrictions qui pèsent toujours depuis le second confinement ont un impact sur l’emploi.

Il est intéressant également de faire un focus sur les secteurs d’activité !

  • Le secteur tertiaire est évidemment le plus touché, avec la fermeture des commerces.
  • La crise industrielle est également connue, avec des menaces de Plan de Sauvegarde de l’Emploi.
  • L’agriculture se porte mieux, probablement avec un retour à la proximité pour l’alimentaire.
  • Gain également pour la construction et le secteur immobilier en général. En effet, à force de devoir rester confinés et en télétravail, beaucoup investissent dans ce secteur.
création et destruction d'emploi par trimestre

En synthèse, l’assouplissement des restrictions permet de limiter la casse et même pour certains secteurs de pouvoir embaucher.

L’impact de la crise sur les candidats

La situation anxiogène de la crise a un impact direct sur les candidats.

Premièrement, ils sont 36% à s’inquiéter de perdre leur emploi.

L’employeur a donc pour mission de les rassurer. A l’inverse, les recruteurs et chasseurs peuvent aussi présenter des opportunités en convainquant les candidats cibles d’une meilleure stabilité dans leur nouvelle entreprise. Dans les deux cas, la transparence est nécessaire, notamment sur la santé financière de l’entreprise !

Ensuite, l’enquête montre que la moitié des candidats souhaite rester dans son entreprise actuelle. C’est une première depuis des années, le désir de stabilité est une préoccupation majeure.

Et donc, à contrario, peu d’entre eux sont prêts à prendre le risque de changer de travail. Fatalement, ces 60% là seront peu attentifs aux nouvelles offres d’emplois et aux sollicitations des chasseurs de tête.

Les préoccupations des RH cette année

Dans le contexte précité, les missions des recruteurs évoluent forcément. Le Figaro a donc lancé avec l’IFOP un baromètre pour connaître leur état d’esprit. Cette étude se base sur un échantillon de plus de 400 recruteurs. Parmi eux, différents responsables RH ou DRH d’entreprises de plus de 100 salariés, mais aussi des dirigeants de plus petites structures. Ainsi, différentes typologies d’entreprises, zones géographiques métropolitaines et secteurs d’activités sont représentés ! De plus, ces chiffres sont tout récents, avec des interviews entre le 15 février et le 1er mars 2021.

Les recruteurs sont-ils optimistes ou pessimistes ?

Premier constat de ce baromètre : les recruteurs sont plutôt optimistes sur la situation financière de l’entreprise (85%). Ils le sont un peu moins en ce qui concerne la situation économique de notre pays (46% optimistes contre 54% pessimistes).

Les recruteurs sont plutôt optimistes pour la santé financière de leur entreprise

L’optimisme pour soi est souvent nécessaire dans la fonction. Cependant, cet optimisme s’explique aussi avec des chiffres moins pires que prévus, et le regain attendu dans le PIB !

Comment les recruteurs voient la situation de leur entreprise

La prochaine série de questions se porte sur la situation de leur propre entreprise. Ici, les recruteurs se montrent sur les points qu’ils considèrent s’être améliorés ou détériorés.

Pour la majorité d’entre eux, ils indiquent une stabilité attendue aussi bien dans les recrutements, que l’activité globale ou l’engagement des salariés.

Sur la question propre aux recrutements, 22% considèrent qu’il y en aura moins cette année. En revanche 17% entrevoient une augmentation des recrutements.

Constat similaire sur l’activité de l’entreprise : ils sont plus nombreux (32%) à s’attendre à une année plus difficile. Contre seulement 15% qui s’attendent à une plus grande activité en 2021.

Enfin, ils sont moins nombreux à penser que l’engagement des collaborateurs sera impacté. Cependant, là aussi le pessimisme l’emporte sur l’optimisme avec 19% prédisant une perte d’engagement contre 12% qui en voient un plus fort.

amélioration ou détérioration côté RH

Point intéressant : les entreprises de plus de 250 salariés sont, sur l’ensemble des 3 points, beaucoup plus optimistes. On peut interpréter ici que les structures plus conséquentes ont généralement pu prendre des mesures pour repartir !

Les effectifs humains des entreprises

L’étude s’intéresse ici à l’effectif en termes de nombres. On peut reformuler cela en soustrayant le nombre de départs (toute cause confondue) au nombre d’embauches.

Là encore une large majorité des entreprises (3/4) songe à un maintien des effectifs. Cependant ici, les entreprises entrevoient à 19% d’augmenter leur effectif, contre seulement 5% qui craignent de le baisser.

evolution effectif

Enfin sur cette partie de l’étude : 1/4 des entreprises de services prévoient une hausse de leur effectif cette année. En d’autres termes, après une année 2020 compliquée, le domaine du service devrait tirer son épingle du jeu.

Les intentions de recrutement des jeunes

Précédemment dans cet article, nous indiquions que les jeunes étaient les plus impactés par le chômage en 2020. Qu’en est-il de cette année en matière de prévisions ?

Et bien, dans les intentions, ils sont 2/3 à vouloir recruter des jeunes cette année. Et donc 1/3 qui n’envisagent pas cette hypothèse.

Intention de recrutement des jeunes de moins de 25 ans

Une fois encore, la taille de l’entreprise a un impact fort sur la réponse. En effet, 89% des entreprises de plus de 100 salariés prévoient l’embauche d’un jeune de moins de 25 ans, contre seulement 42% sur les plus petites structures.

Bien que ces chiffres puissent globalement paraître encourageants pour la jeunesse, ils restent faibles par rapport aux attentes du marché du travail.

Forte confiance des RH sur la marque employeur

Le baromètre s’intéresse maintenant à des aspects propres à la marque employeur.

Ici, les responsables RH sont majoritairement très confiants sur l’ensemble des enjeux liés :

  • Fidéliser les meilleurs collaborateurs
  • Attirer des candidats
  • Trouver les profils recherchés
marque employeur

L’étude ne commente pas l’explication de ce chiffre qui peut nous surprendre. En effet, travailler sa marque employeur est un enjeu pour tous, mais il est souvent sous-estimé par les RH. Nous avons plusieurs retours terrain de clients qui ont eu des départs imprévus ou se sont retrouvés face à des candidats qui ont fait du ghosting. En bref, notre conseil ici est de ne pas vous contenter d’être optimiste, mais bien de travailler au quotidien votre marque employeur aussi bien à l’interne que pour les candidats.

Le télétravail, la nouvelle norme ?

On n’arrête pas de parler du télétravail depuis le premier confinement (nous aussi d’ailleurs, on le faisait déjà avant). Et pourtant l’étude indique ici que la moitié des entreprises n’a pas fait évoluer sa politique sur le télétravail. Ce chiffre exclut, bien sûr, les périodes de confinement qui ne leur ont pas laissé le choix.

politique télétravail

La taille influe ce chiffre. Les plus grosses entreprises étant plus enclines à pratiquer le télétravail. Les raisons peuvent être variées : moyens financiers pour favoriser le travail à distance (notamment les outils digitaux) ou bien style de management qui privilégie le présentiel.

En tout cas la réponse est claire, le télétravail est encore loin d’être la norme !

Proportion des salariés en télétravail

L’étude approfondit la question du télétravail et indique le pourcentage de salariés qui le pratique majoritairement.

Pourcentage des salariés qui pratiquent le télétravail

Sans équivoque, rares sont les entreprises dont plus d’un quart des salariés le pratique fortement.

Hybridation des modes de travail

Si le télétravail n’est pas la nouvelle norme, les confinements successifs ont quand même fait évoluer cette pratique. Au final, on constate une hybridation avec un temps partiellement en télétravail.

hybridation télétravail

Sur le nombre de journées en télétravail, les réponses sont très variables, preuves de l’hybridation. Toutefois, pas loin de la moitié est à une moyenne de moins d’un jour de télétravail par semaine (hors confinement). Bref, nous sommes encore bien loin du full télétravail, le retour aux sources et le besoin de proximité n’ont pas tardé.

Quels sont les challenges RH pour l’année à venir ?

Après tous ces constats faits, il reste pour les DRH à faire le bilan des challenges prioritaires dans leur fonction.

challenges DRH 2021

La gestion de l’organisation du travail

La gestion de l’organisation du travail ressort comme la grande dimension pour un tiers des répondants. Cela inclut l’hybridation du travail. En effet, même si le présentiel domine, l’ajout du distanciel implique une réorganisation dans les modes de travail de l’entreprise. Dans notre analyse, nous y incluons la digitalisation du travail d’équipe, avec une utilisation plus forte des outils de travail collaboratifs comme Teams.

L’accompagnement des collaborateurs

L’accompagnement des collaborateurs ressort comme la seconde des dimensions prioritaires. Ici, l’enjeu est de s’assurer que les salariés vivent bien les transformations. Cela passe souvent par des formations ou au besoin des accompagnements psychologiques, notamment dans la gestion du stress.

La communication interne

Troisième priorité des DRH : la communication interne ! Qui n’a jamais eu l’impression d’être le dernier au courant de l’ultime nouvelle ? Par exemple quand c’est un client ou un partenaire qui vous apprend un départ ou un nouveau projet de votre propre entreprise ! L’évolution des modes de communication a eu un impact sur cette communication. Les bruits de couloirs sont toujours là, mais comme il y a moins de monde dans ces couloirs, la communication est encore moins fluide. La communication interne n’est donc pas à prendre à la légère. C’est aux RH de définir le processus de centralisation de l’information et de sa bonne diffusion au moment le plus opportun. Plus globalement, les nouveaux processus sanitaires ont besoin d’être communiqués et suivis, c’est aussi un enjeu de communication interne.

Les autres priorités des DRH

Les autres points de l’étude sont davantage en marge au vue des résultats :

  • La gestion des rémunérations. En effet avec le contexte tendu, les exigences des salariés sont plutôt à la baisse.
  • L’accompagnement du business. Ce point concerne moins les DRH que la direction et les équipes commerciales.

La sauvegarde de l’emploi, le challenge RH prioritaire 2021

Sans doute la slide la plus importante de cette étude. Les répondants y ont indiqué, selon eux, LE challenge RH prioritaire de l’année. Et c’est la sauvegarde de l’emploi qui ressort au-devant du sondage !

challenge RH 2021

Au niveau de notre cabinet, nous ne pouvons que corroborer ce sondage. La crise a des impacts économiques qui pour beaucoup impliqueront des réductions des postes de dépenses. Malheureusement, les ressources humaines sont bien souvent dans les plus gros postes de dépenses, et cette économie risque de passer par des licenciements.

La sauvegarde de l’emploi passera souvent par des questions de réorganisation. Par exemple, en parallèle à la digitalisation des entreprises, certaines fonctions peuvent évoluer en interne pour être plus productives, ou gérer des besoins nouveaux. C’est pourquoi un accompagnement peut être une vraie valeur ajoutée, par exemple pour organiser des bilans de compétences et faire les bonnes évolutions internes. Certaines entreprises passeront par du management de transition pour piloter ce changement nécessaire et préserver les emplois.

Le bien-être et la QVT dans les priorités RH 2021

Fatalement, si la sauvegarde de l’emploi est une priorité, elle représente un poids dans le moral des salariés. Plus que jamais, il faut compenser cette pression par une attention particulière à leur égard. Notamment, il faut s’assurer du maintien de la bonne relation entre les collègues. Même si le contexte rend cela difficile, des séminaires et team building seront à planifier pour renforcer la cohésion du groupe.

Pensez aussi au confort des salariés. Ont-ils un PC performant ? Leur chaise de bureau comme au domicile en télétravail est-il adapté ? Un suivi est-il réalisé pour s’assurer qu’ils ne sont pas sujets à des troubles musculo-squelettiques ? … il y a plein de question à se poser pour améliorer le quotidien des salariés. Et souvent ces petites attentions à faibles budgets peuvent renforcer la fidélité du collaborateur.

Maintenir la culture d’entreprise et l’engagement des collaborateurs

Tous ces points sont liés. Le travail à distance, avec la crainte de perdre son emploi, ou de ne pas être bien à son poste, peut provoquer un désengagement des équipes. Là encore, il faut travailler la communication et le management pour faire s’exprimer les collaborateurs et les impliquer dans la culture d’entreprise. Travailler leur personal branding au travers de la société est une des solutions, par exemple en leur faisant prendre la parole en tant qu’experts sur votre propre site ou vos pages sociales.

Pour les managers, il faudra adapter ses méthodes, c’est peut-être l’occasion de profiter d’un coaching.

Garantir la sécurité sanitaire

Personne ne peut prédire la date de fin de la crise sanitaire. D’ailleurs le virus sera sans doute toujours là, et d’autres pourront arriver. Les protocoles sanitaires vont donc sans doute rester. Mais pour les RH, ce sera un enjeu que de les adapter aux contraintes de travail qui sont propres à leur métier et leurs locaux. Bref, 2020 n’était que le début de la mise en place de processus sanitaires qui devront continuellement s’adapter. Ils devront trouver le juste milieu entre sécurité sanitaire et confort au travail (par exemple quand et où ils doivent porter le masque, et quand et où ils peuvent souffler sans mettre autrui en danger).

Les sujets jugés secondaires dans les challenges RH

Bien sûr, ce baromètre reste un sondage et la réalité peut varier. Toujours étant qu’au delà des 4 priorités citées précédemment, d’autres sujets sont là mais avec moins d’intérêt, cités par les RH sondés :

  • Adapter les organisations : l’hybridation des modes de travail a été prouvée dans l’étude, mais seulement 10% l’évoquent comme l’une des priorités. Pour certains, cela s’explique par le fait qu’ils considèrent avoir déjà fait le nécessaire en 2020. Pour d’autres, c’est une question de maturité ou de taille d’entreprise.
  • La formation des collaborateurs : ce point n’est pas oublié mais est souvent jugé secondaire versus les 4 prioritaires.
  • Revaloriser le sens de l’activité de l’entreprise : ce point nous surprend davantage car la quête de sens a été clairement évoquée côté salarié. Attention aux RH de ne pas négliger le travail de la marque employeur. Même constat sur le point de la démarche RSE.
  • Réinventer le dialogue social : ce point concerne davantage les grandes entreprises et les syndicats.
  • Développer de nouvelles formes de recrutement. Ici aussi en tant que cabinet nous déplorons le petit chiffre de cette priorité, car il faudra réinventer les processus dans ce contexte évolutif !

Responsable RH, l’importance des soft skills

En synthèse de cette review, nous soulignons que la fonction RH elle-même a été parmi la plus sujette à des changements. On parle des soft skills pour les salariés, mais quelque part, ils sont les premiers à devoir jouer dessus.

Ce baromètre met bien en avant d’un côté leur optimisme, et de l’autre tous les nouveaux challenges auxquels ils doivent faire face.

Chez PROEVOLUTION, malgré la difficulté de la crise, nous sommes heureux de pouvoir travailler main dans la main avec eux et accompagner leurs transformations.

On espère que cette analyse vous aidera pour la suite (et s’il faut aller plus loin, vous savez qui contacter).

Un grand remerciement aux équipes du Figaro et de l’IFOP qui nous ont donné envie de rédiger cet article, et dont tous les chiffres et images leur sont crédits.

Par Xavier-Noel CULLMANN

Xavier-Noël est responsable de l'animation du site Internet et des réseaux de PROEVOLUTION mais aussi missionné sur ces fonctions pour certains de leurs clients.

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